Avec un patronyme flamand chopé sur les paquets de clopes frontaliers, Roken Is Dodelijk cache bien son jeu. Car, si la France n'a pas remporté un match à l'Euro de football, elle gagne en fraîcheur et en vitalité par l'entremise d'un groupe lillois sans foi ni loi. La pop orchestrée par Roken Is Dodelijk déroge poliment aux règles d'usage et passe du coq à l'âne sans crier au loup. 'R.I.P.', titre mortel s'il en est, recouvre cinq titres qui se jouent des émotions à la moindre occasion. Tantôt exubérantes et entraînantes ('Good Enough'), les chansons des Français se hissent alors au niveau des folles échappées nord-américaines. On songe à Arcade Fire, à Wolf Parade. En plus déglingué, presque désuet. Plus loin, la mélancolie s'immisce ('In These Places') et s'évapore en douceur pour laisser place à des maracas, armatures coquettes pour gentilles mélodies ('Even After All'). Les fans des Papas Fritas et d'Herman Düne trouvent là un nouveau prétexte pour courir nus, main dans la main, dans un décor champêtre. Moins drôle, plus poussive, 'The Tribe of the Invisibles' tombe à plat dans le cendrier. Mais heureusement, le final, emmené par un 'Amsterdam' jubilatoire, brille d'une naïveté euphorique. 'R.I.P' – comprenez 'Roken Is Popelijke' – présente un sens indéniable du refrain et des lendemains qui chantent.